Kits scolaires supprimés : la majorité municipale tourne le dos aux familles
La rentrée scolaire est, pour de nombreuses familles, une période source de stress financier. Achat des fournitures, vêtements, activités, restauration scolaire : chaque année, les dépenses s'accumulent et pèsent lourdement sur les budgets des ménages.
C'est pourtant dans ce contexte que la nouvelle majorité municipale du Kremlin-Bicêtre a choisi de supprimer les kits de scolarité distribués aux élèves de la ville.
Cette décision est incompréhensible et profondément injuste.
Alors que l'inflation a fortement frappé les ménages ces dernières années et que les prix restent durablement plus élevés qu'avant la crise, de nombreuses familles continuent à rencontrer des difficultés pour faire face aux dépenses du quotidien. En France, près de 9,8 millions de personnes vivent aujourd'hui sous le seuil de pauvreté et les familles monoparentales figurent parmi les plus durement touchées. Dans le même temps, un Français sur cinq se considère en situation de précarité.
Face à cette réalité, une collectivité locale a le devoir de protéger ses habitantes et ses habitants, pas de leur imposer de nouvelles dépenses. Les kits scolaires représentaient une aide simple, concrète et utile. Ils permettaient d'alléger le coût de la rentrée tout en garantissant à chaque enfant de disposer du matériel nécessaire pour apprendre dans de bonnes conditions. Leur suppression n'est pas une mesure anodine : c'est un choix politique qui fait porter aux familles une charge supplémentaire.
Nous refusons cette logique. Pour nous, l'éducation n'est pas un coût mais un investissement. Chaque euro consacré à la réussite des enfants est un euro investi dans l'avenir de notre ville. C'est pourquoi nous défendons au contraire le renforcement des politiques de solidarité en direction des familles. Dans notre projet municipal, nous proposons notamment la gratuité de la cantine pour les familles les plus modestes, la mise en place d'un plan communal de lutte contre la pauvreté et la précarité, une aide renforcée aux familles monoparentales ainsi que de nouvelles mesures pour garantir l'égalité d'accès aux services publics et à l'éducation.
Nous croyons qu'une ville progressiste doit agir pour réduire les inégalités dès le plus jeune âge. Elle doit soutenir les familles lorsque le coût de la vie augmente. Elle doit assurer à chaque enfant les mêmes chances de réussite, quelles que soient les ressources de ses parents.
La suppression des kits scolaires envoie exactement le message inverse. Alors que de nombreuses communes cherchent à accompagner davantage les familles face aux difficultés économiques, le Kremlin-Bicêtre fait le choix du retrait. Ce n'est pas notre vision du service public municipal.
Nous demandons à la municipalité de revenir sur cette décision et d'ouvrir un dialogue avec les parents d'élèves, les équipes éducatives et l'ensemble des acteurs concernés. Au Kremlin-Bicêtre, nous continuerons à défendre une ville solidaire, qui investit dans sa jeunesse et qui place l'égalité au cœur de chacune de ses décisions. Parce qu'aucun enfant ne doit être privé de ses chances de réussite pour des raisons financières. Parce qu'accompagner les familles est une responsabilité collective. Parce qu'une ville de gauche devrait toujours choisir la solidarité plutôt que les économies réalisées sur le dos des enfants.
Le 2 septembre 2026,
Rim Yehya
Présidente du groupe insoumis et forum kremlinois
100 jours de mandature : entre promesses oubliées et démocratie bafouée
Lionel Zinciroglu, maire soutenu par toute la droite, a achevé ses 100 premiers jours à la tête du Kremlin-Bicêtre. Pour le groupe municipal d’opposition insoumis et forum kremlinois le bilan est sans appel : un programme de campagne inappliqué, une transition écologique abandonnée, une sécurité à deux vitesses, et une démocratie locale en recul.
Alors que le budget 2026, voté en avril, reprend majoritairement les orientations de l’ancienne mandature, les engagements portés par le nouveau maire pendant la campagne peinent à se concrétiser. Pire encore, certaines promesses, comme la suspension du projet de géothermie, semblent n’avoir été que des arguments électoraux. La transition écologique, la justice sociale et la démocratie participative, piliers d’une ville solidaire et résiliente, sont les grandes absentes de ces premiers mois.
Des promesses environnementales et urbaines en stand-by
Le maire avait promis de suspendre le projet de géothermie, pourtant crucial pour la souveraineté énergétique et la transition écologique de la ville. Or, celui-ci figure toujours dans le rapport d’orientation budgétaire. Une volte-face qui interroge sur la sincérité des engagements pris pendant la campagne.
Aucune étude n’a non plus été lancée pour développer une réflexion globale sur le verdissement, les permis de construire ou le bien-être urbain, comme les fontaines, brumisateurs ou espaces verts. Pire : le festival de l’écologie populaire, événement rassembleur et pédagogique, a été annulé en dernière minute. Alors que la canicule frappe déjà, cette décision est incompréhensible et contre-productive.
Côté aménagement urbain, seule la réouverture de la rue du Général Leclerc a été actée. Rien sur la redynamisation commerciale de l’avenue Eugène Thomas, rien sur l’amélioration de la voierie, rien sur l’étude d’aménagement de l’entrée de ville Sud-Ouest pourtant promises sur les 100 premiers jours. Les quartiers populaires, déjà en souffrance, restent à l’abandon.
Une sûreté à deux vitesses
Pour répondre aux enjeux de sécurité que le maire avait considéré comme centraux durant la campagne, il avait promis de « renforcer la sécurité avec des recrutements supplémentaires et des patrouilles pédestres dans des lieux stratégiques » dans les 100 premier jours. Dans les faits, aucun nouveau recrutement. La seule modification majeure a été de faire se positionner les policiers entre le métro et l’hôpital Bicêtre pour empêcher les vendeurs de cigarettes de s’installer ici. Les policiers municipaux qui devraient être au plus près des citoyennes et citoyens ne sont donc mobilisés que pour faire de l’affichage sur les axes de l’Avenue Eugene Thomas !
Cette mise en avant d’un problème sécuritaire lors de la campagne ressemble bel et bien à l’instrumentalisation d’une panique morale face aux quelques vendeurs de cigarettes de contrebande s’étant installés.
La démocratie locale, grande oubliée
Le programme du maire ne comportait aucune mesure pour renforcer la démocratie participative. Pourtant, dans une période de défiance généralisée envers les élus, le Kremlin-Bicêtre aurait pu montrer l’exemple. Hélas ce que nous avons pu observer va à l’encontre des attentes des Kremlinoises et Kremlinois. En effet, pour faire des économies de bout de ficelle, la qualité de la retransmission des conseils municipaux a drastiquement diminué tant au niveau du son que de l’image où désormais le Maire est seul à être visible en gros plan et les autres conseillers s’exprimant doivent se contenter d’un plan large sur tout le conseil. Aussi, ces conseils ne sont plus retransmis en direct. Nous estimons que ce changement est une atteinte grave à la démocratie et à la qualité du débat public en ne permettant pas aux personnes ne pouvant pas être présentes aux conseils de suivre les décisions prise par la municipalité.
Aussi lors du dernier conseil municipal, 23 amendements ont été déposés par notre groupe et le groupe écologistes et citoyens pour :
Elargir les consultations citoyennes incluant les personnes de nationalité étrangères et jeunes de plus de 16 ans pour les projets locaux
Renforcer les pouvoirs, avec notamment un budget aux conseils de quartier et conseil des jeunes
Aucun débat n’a eu lieu. Pire, le droit d’amendement, garanti par la loi et la jurisprudence, a été bafoué, et les élus ne peuvent pas poser plus d’une question au maire. Ainsi, lors du dernier conseil, j’ai dû choisir entre plusieurs sujets cruciaux (travaux dans les logements sociaux, encadrement des loyers, fermeture de 3 classes de petite section) pour poser une seule question orale. Comment représenter les préoccupations des habitant·esdans ces conditions ?
Si le bilan est décevant, l’opposition est déterminée. Les 100 premiers jours de Lionel Zinciroglu confirment une tendance : les promesses de campagne s’effacent devant les réalités du pouvoir, et les priorités écologiques, sociales et démocratiques sont sacrifiées. Pire, la démocratie locale est mise à mal, alors même que la défiance envers les élus n’a jamais été aussi forte.
Face à ce constat, notre groupe municipal d’opposition réaffirme son engagement :
Pour une transition écologique ambitieuse, avec la géothermie, la végétalisation et l’adaptation au climat.
Pour une sécurité et un aménagement urbain justes, qui ne laissent aucun quartier de côté.
Pour une démocratie locale vivante, avec plus de participation citoyenne, de transparence et de respect des droits des élu·es.
La ville mérite un projet politique à la hauteur des enjeux écologiques, sociaux et démocratiques.
Le 2 juillet 2026,
Rim Yehya
Présidente du groupe insoumis et forum kremlinois